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Dossier Chine: la dimension culturelle Chinoise

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  • dateThu 17 Jan 08
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Ce n’est un secret pour personne, la Chine est en plein essor!!! Il y a quelques années, elle a entamé son décollage comme l’ont fait la plupart des pays industrialisés à leur époque. Ce décollage suscite pourtant de nombreuses inquiétudes car la taille de ce pays, le modèle de développement (développement tiré par les exportations) et l’époque à laquelle cet évènement se produit (mondialisation accrue) font de l’envol de la Chine un évènement inédit!! En phase d’industrialisation massive, la Chine est aujourd’hui l’ usine du monde pour bon nombre de produits manufacturés. Sa main d’oeuvre est, pour l’instant encore, une des moins chère au monde : elle est disciplinée, économe, travailleuse et industrieuse, ce qui fait de la Chine un concurrent redoutable pour tous ou dans le meilleure des cas: un partenaire commercial fiable! Inutile de préciser que pour la plupart des industriels occidentaux, l’avenir se dessine à l’Est vers l’empire du milieu. Dans notre industrie particulièrement, les importateurs ce sont depuis longtemps lancés à l’assaut de la Chine, et de ses ressources inépuisables en objets pub. Et les acteurs de notre industrie sont de plus en plus nombreux à vouloir établir des relations commerciales avec des partenaires Chinois…. Or, la culture chinoise est très éloignée de la notre et il est essentiel, pour établir des relations commerciales durables, de connaitre et tenter de comprendre les spécificités culturelles du pays. Je vous propose d’étudier de plus près la dimension CULTURELLE de la CHINE, dans le but d’appréhender et gérer au mieux votre communication avec les partenaires locaux: Selon les anthropologues R. Preiswerk et D. Perrot : « La CULTURE est un ensemble des valeurs, comportements et institutions d’un groupe humain qui est appris, partagé et transmis socialement ». En étudiant les différentes valeurs présentes dans la société chinoise, il sera possible de décoder les comportements et les attitudes propres à cette culture, et peut-être adapter notre comportement pour établir une communication saine. Nous analyserons le différents facteurs présents dans la culture chinoise à partir des critères de Geert Hofstede, qui a construit un étude gigantesque sur la façon dont la culture influence les relations de travail dans un contexte multiculturel. (www.geert-hofstede.com) De son étude sont ressorties cinq dimensions culturelles qui présentent les grandes valeurs présentes dans une société. Ces critères sont : • La conception du pouvoir et la distance hiérarchique (Power Distance Index) • Le degré d’individualisme ou de collectivisme (Individualism) • Le degré de Masculinité (Masculinity) • Le contrôle de l’incertitude (Uncertainty Avoidance Index) • Le degré d’orientation à long terme d’une société (Long Term Orientation) Cet outil d’analyse nous donnera uniquement une vision globale de la culture chinoise et il doit être utilisé avec précaution car il ne prend pas en compte les caractéristiques interpersonnelles des individus. Les résultats obtenus pour la Chine sont les suivants :

La conception du pouvoir et la distance hiérarchique

Ce critère exprime la manière dont sont perçues et traitées les inégalités de toutes sortes (physiques, intellectuelles, de richesse et de pouvoir) mais également le degré d’acceptation de l’autorité et la distance avec celle-ci. Il s’avère que ce critère est très élevé pour la Chine (8O) quand la moyenne des pays asiatiques est à 60 et celle de la France à 68. Cela signifie que la société Chinoise est caractérisée par un très haut niveau d’inégalités de pouvoir et de richesses et celles-ci sont acceptées par les individus. D’autre part, la figure qui représente l’autorité dans toute organisation (famille, entreprise, etc.) est très respectée car elle possède le pouvoir de décision. Il existe dans la société chinoise une forte différenciation des rôles, des compétences et du respect dû suivant le positionnement qu’occupe l’individu sur l’échelle hiérarchique.

Individualisme contre Collectivisme

Cet indice représente le degré d’intégration au groupe, à la famille ou de façon générale, à une communauté. Il indique aussi le degré d’implication morale dans l’appartenance à une organisation, suivant que la société est collectiviste ou individualiste, et en l’occurrence, plus la société est collectiviste, plus l’individu sentira un devoir moral envers le groupe auquel il sera très loyal. La Chine est un pays marqué par un fort degré de collectivisme puisqu’il enregistre un très faible degré d’individualisme (20), contrairement à la France (71) qui est une société très individualiste. En d’autres termes, la société Chinoise est marquée par une forte loyauté envers le groupe, ce qui est fortement influencé par l’importance du rôle de la famille et des relations au sein de celle-ci. L’autonomie de l’individu est faible et la prise de décision est concertée. Les individus sont tous responsables de chaque membre de la communauté. On peut expliquer en partie ce haut degré de collectivisme par le passé politique de la Chine, fortement marqué par le communisme. Au contraire, la société française est marquée par un fort individualisme et que c’est une différence majeure entre ces deux cultures qui influera sur la nature des relations entre les membres d’un groupe suivant qu’ils sont français ou chinois, d’où l’importance de connaître ces différences pour mieux s’y adapter.

Degré de Masculinité contre Féminité

Ce critère se réfère à la distribution des rôles entre hommes et femmes et aux différences d’égalité qu’il peut exister entre les deux genres. De même, il constitue une différence de valeurs suivant que la société est masculine ou féminine. En effet, Hofstede considère comme masculines, les sociétés qui cherchent à rendre important la division des rôles, la réalisation de choses visibles, et les gains financiers ; alors que dans les sociétés féminines ont apprécie les attitudes modestes, la qualité de vie et l’aide à autrui. La Chine est une société relativement plus masculine (55), et c’est le pays asiatique qui enregistre le plus haut degré de masculinité après le japon. Ce degré est influencé par l’énorme discrimination qui est faite à l’égard des filles en chine. La politique de contrôle des naissances qui a été mise en place dont celle de l’enfant unique s’est accompagnée d’une étrange surmortalité infantile des filles. La forte préférence des garçons est due à la fois à des valeurs traditionnelles mais également une conséquence de la pauvreté, puisque dans les campagnes, c’est le fils qui prend en charge ses parents et traditionnellement, les filles ne travaillent pas et sont donc incapables de subvenir aux besoins de la famille. De ce fait, la société chinoise est très « machiste » et connaît une forte différenciation des rôles entre hommes et femmes. Les hommes occupent la majeure partie des postes à responsabilité et de pouvoir. Le rôle des femmes en Chine est très limité bien qu’il tende à prendre plus d’importance dans les villes et les régions plus développées. Leur statut est surtout inférieur dans les campagnes. Le pays est loin d’établir une parité homme-femme alors que la France met un point d’honneur à ce principe d’égalité des sexes.

Le contrôle de l’incertitude

Toutes les cultures ne se préoccupent pas de la même manière de mettre en oeuvre des moyens susceptibles de répondre aux incertitudes de l’avenir. Aussi, ce critère représente le degré de tolérance d’une société à l’incertitude et à l’ambiguïté ou encore, le sentiment de confort ou d’inconfort face à des situations non encadrées, non structurées. La Chine présente un fort degré d’acceptation de l’incertitude, ce qui est caractéristique d’une société qui ne cherche pas à avoir un contrôle sur l’avenir, qui n’a pas peur des situations imprévues. Contrairement à la France, société très sensible à l’incertitude, la société chinoise ressent moins le besoin d’établir des règles strictes pour palier à l’incertitude ou à l’ambiguïté. C’est aussi caractéristique d’une société plus tolérante aux opinions et aux manières de faire différentes des leurs, aux changements. C’est encore une société plus contemplative qui ne ressent pas le besoin de contrôler son environnement.

Le degré d’orientation à long terme

Ce critère montre les perspectives d’une société par rapport au temps ainsi que le degré de persévérance. C’est le critère le plus extrême et celui qui caractérise le plus la société chinoise. Cela signifie que la persévérance et l’économie sont des valeurs fondamentales en Chine, valeurs qui sont notamment enseignées dans le confucianisme, très ancré en Chine. Enfin, la culture chinoise est neutre contrairement à la culture française qui est affective. Ce qui signifie qu’en chine il est très malvenu d’exprimer ses sentiments et les contacts physiques sont évités, contrairement à la France comme dans l’ensemble des cultures méditerranéennes où le comportement est expressif, gestuel, où on aime exprimer ces sentiments et le contact physique. En résumé la culture chinoise est très marquée par le respect, la loyauté, ce qui fait qu’ils sont des partenaires fiables. Ils favorisent l’intérêt du groupe et surtout ils sont un peuple extrêmement persévérant et redoutable en commerce. Il est capital , à l’heure où tous les regards se tournent vers la Chine, de connaître sa culture, ses valeurs, pour mieux appréhender le pays et ses habitants, pour travailler avec la Chine et non contre elle, ce qui serait une bataille perdue d’avance… A lire: “Quand la Chine change le monde” Eric Izraelewicz
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